Et Pogacar est toujours là

La montée d’hier vers le Grand Colombier a démontré la suprématie impressionnante de l’équipe Jumbo-Visma sur le reste du peloton. L’ascension finale a débuté avec un scénario bien connu : les équipiers du maillot jaune montent à un tempo soutenu pour prévenir les attaques. Sauf que d’habitude, les équipiers s’épuisent les uns après les autres, laissant leur leader le soin de terminer le travail.

Hier, il n’en a rien été puisque la Jumbo est restée bien nombreuse jusque dans les derniers kilomètres. Le surhomme Van Aert (vainqueur de 2 étapes… au sprint) a mené le tempo jusqu’à tard dans le col laissant Roglic avec encore Bennett, Dumoulin et Kuss. Au final, aucune attaque n’a réellement été tentée et la victoire s’est quasiment jouée en sprint. Pogacar l’emporte et effectue un mini-rapproché sur Roglic.

Si Jumbo-Visma aura du mal à distancer Pogacar qui semble au niveau de Roglic, le contraire sera tout aussi compliqué… Pogacar est bien seul dans sa team UAE et même dans le peloton à pouvoir attaquer Roglic. Si Pogacar semble être le seul à pouvoir battre Roglic, ce dernier peut-il être battu tant il semble fort au sein d’un collectif surpuissant ?

La Colombie a un genou à terre

Le classement général vendredi soir ressemblait à un match de coupe Davis version cyclisme : 2 Slovènes aux 2 premières places puis 4 colombiens. La journée de dimanche a été fatale au double colombien Quintana-Bernal puisque ce dernier a littéralement explosé dans la dernière montée (en concédant 4 et 7 minutes aux meilleurs!) et dit adieu au podium.

Tout donner

La dernière semaine sera dure, propice à permettre des différences entre leaders. Encore faudra-t-il avoir la force et la détermination de vouloir faire chanceler l’armada Jumbo-Visma. Pogacar devra saisir toutes les opportunités de le faire, quitte à mettre en péril sa deuxième place. A 21 ans, il peut se le permettre !

Sagan, du vert au rouge

Le 8ème maillot vert de la carrière de Sagan vient peut-être de s’envoler. Déclassé pour un passage forcé sur Van Aert dans le sprint de l’étape d’hier, Sagan a laissé Bennett (2ème de l’étape) faire le trou au classement du maillot vert. Les deux prétendants se livraient un duel à coups de maigres différences à chaque sprint depuis le départ du Tour. Sagan a à présent 68 points de retard sur Bennett et devra attaquer à chaque fois que c’est possible pour espérer revenir dans la course.

Carte postale historique

Le Tour permet de se replonger dans l’Histoire par les lieux qu’il traverse et rend aujourd’hui hommage à deux personnalités récemment disparues. L’une, Poulidor, a gardé la réputation d’éternel second (sur le tour, pas sur le reste, on est d’accord !) alors que l’autre a fini par gagner après avoir beaucoup perdu (Chirac). Cette étape sera l’occasion pour les baroudeurs et puncheurs d’aller gagner leur étape, avec des routes limousines qui favoriseront les échappés. L’occasion pour Sagan de relever la tête ?

Arrêt à Ré ?

Le vent iodé de la mer qui a accompagné les coureurs entre les îles d’Oléron et de Ré avait une odeur de stress hier avec les premiers cas positifs. Pas de cas de dopage mais pas de quoi être rassuré car ces cas positifs sont des cas Covid qui pourraient avoir raison de l’intérêt de la course, à encore 11 jours de l’arrivée à Paris.

Le spectre de l’arrêt

Si le contrôle positif de Christian Prudhomme fait surtout peur à Jean Castex qui a passé la journée de vendredi dans la même voiture que le directeur du Tour, celui des membres du staff de quatre équipes crispe à peu près tout le monde. Les règles sont strictes et si un deuxième contrôle positif a lieu, l’équipe en question sera renvoyée à la maison. Plus glorieux que l’équipe PDM qui en 1991 avait vu tous ses coureurs, subitement « tombés malades », abandonner la course en même temps mais triste quand même.

Les sprinteurs à Poitiers

Les coureurs n’auront pour le moment pas à se confiner à l’île de Ré et pourront chercher leur salut sur les routes qui les mènera à Poitiers. L’étape du jour leur permettra en effet de se remettre de leurs émotions avec une étape plate et courte au travers des Deux-Sèvres et du marais poitevin. Entre la Venise verte et la ville aux cent clochers, le point d’intérêt de la journée sera le côté carte postale. Pas de bordure à attendre en fin d’étape car les organisateurs ont choisi des routes abritées du vent à l’approche de Poitiers. Votre mascotte sera certainement un sprinteur !

Semaine 1 – le bilan

Le parcours de la première semaine se voulait propice aux luttes pour le maillot jaune. Il ne l’a pas forcément été sur les arrivées aux sommets des massifs intermédiaires mais a donné lieu à une belle passe d’armes dans les Pyrénées. Bilan.

Les favoris passés au crible

  • Roglic (1er au général) : il a semblé le plus fort à chaque fois que la route s’élevait et edt entouré par une équipe qui confirme être surpuissante
  • Bernal (2ème) : pour la première fois sans équipe dominante, il a paru en progression à chaque étape
  • G.Martin (3ème) : le français le moins connu est bien en progression et a été très présent depuis le début du Tour, un cran en dessous de Roglic, Bernal ou Pogacar
  • Bardet (4ème) : il est bien présent et semble avoir envie de faire quelque chose de grand pour sa dernière année chez AG2R
  • Quintana (5ème) : en jambes, il a malheureusement concédé du temps dans Marie Blanque
  • Pogacar (7ème) : très costaud, il serait peut-être maillot jaune aujourd’hui s’il n’avait pas pris de bordure vendredi
  • Uran, Yates, Lopez, Landa, Porte : les écarts sont encore limités et les Alpes peuvent permettre à des coureurs montant en puissance de faire la différence

En route vers les Alpes

La deuxième semaine fera office de répit pour les meilleurs et de cœur de la bataille pour les sprinteurs et les baroudeurs. La belle arrivée à Puy Mary vendredi pourra donner lieu à des attaques des leaders (même si Jumbo-Visma devrait mener le peloton à un rythme d’enfer pour éviter les attaques) et la montée du Grand Colombier dimanche marquera l’arrivée dans les Alpes et sera le point d’orgue de la semaine.

Pour votre mascotte aujourd’hui, misez sur un sprinteur !

Et AG2R surgit !

L’équipe de Vincent Lavenu semblait en bout de course avec les départs annoncés de Bardet et Latour en fin saison et avait lâché son titre de figure de proue du cyclisme français. Moins attendue sur le Tour, elle est pourtant venue sortir les supporters français d’une belle ornière hier, avec l’effondrement de Pinot et la fin (voulue ?) de lutte pour le classement général d’Alaphilippe.

Peters pour l’étape, Bardet pour le général

Nans Peters est sorti vainqueur de la lutte entre membres de l’échappée du jour en signant un beau numéro dans le Port de Balès puis dans le col de Peyresourde, au nez à la barbe de ses compagnons d’échappée et notamment d’Ilnur Zakarin. L’ex 3ème du Giro et 5ème de la Vuelta 2017 faisait figure d’épouvantail dans l’échappée mais n’a pas su suivre le train imposé par Peters, avec qui il avait semé le reste de l’échappée.
Quant à Bardet, il a suivi les meilleurs quand tout le monde était dans le rouge dans Peyresourde et s’est même permis d’attaquer les meilleurs dans le dernier kilomètre pour reprendre 2 secondes à tous les favoris. A suivre…

Pinot plombé, Alaphilippe libéré ?

La journée française n’a pour autant pas été toute rose avec la défaillance physique impressionnante de Pinot. Cloué au sol par, semble-t-il, des problème de dos apparus suite à sa chute la semaine passée, l’ex meilleure chance française a lâché dès le Port de Balès et subit une 2ème terrible désillusion après l’abandon de l’an passé.
Alaphilippe a brusqement lâché dès les premières pentes de Peyresourde, un peu trop subitement… Il avait dit être là pour les étapes et sa défaillance pourrait être un moyen pour lui de pouvoir sortir du peloton sans être embêté par les autres favoris.

Alaphilippe à l’attaque dès aujourd’hui ?

En point ce matin à presque 12 minutes des meilleurs, Alaphilippe semble avoir un retard suffisant pour avoir un bon de sortie de la part du peloton dans cette belle étape pour baroudeurs. Nul doute que si le débours a été concédé hier à dessein et non pour un problème physique, Alaphilippe aura la pancarte pour le reste du Tour dès que la route deviendra sinueuse et pentue.

L’étape du jour sera difficile à « mascottiser », sauf si vous avez Alaphilippe dans votre équipe 😉

L’œuvre d’Aert

Cantonné au rôle de simple équipier de Roglic en début de Tour, Van Aert a démontré quel champion il est en profitant des quelques quartiers libres laissés par son leader pour remporter déjà deux étapes depuis le début du Tour. L’équipe Jumbo-Visma en est déjà 3 victoires en 7 étapes alors qu’on les attendait surtout en dernière semaine, ça promet…

Sagan l’étincelle

Sagan n’est plus le sprinteur qu’il a été. C’est pourquoi, s’il veut conquérir un 8ème maillot vert, il doit attaquer ses adversaires sur des terrains différents des terrains habituels. Le vent de côté et l’entame d’étape en côté ont convaincu son équipe Bora-Hansgrohe d’en profiter. Les équipiers de Sagan se sont mis en tête de peloton et ont fait exploser les sprinteurs dès la première côte. S’en sont suivies des dizaines de kilomètre de course-poursuite entre équipe de sprinteurs. Et un Sagan qui en profite pour reprendre le maillot.

Des bordures pour finir

La dernière partie d’étape était annoncée piégeuse avec le fort vent de côté. Elle l’a été et le rythme soutenu imprimé par l’équipe Ineos après Castres a provoqué des cassures isolant à l’arrière Pogacar, Porte ou encore Landa qui concèdent 1’21 sur les autres favoris. La sélection pour le maillot jaune commence déjà, avec une course à élimination.

Des Pyrénées light

En faisant la part belle aux massifs intermédiaires et aux Alpes, les Pyrénées 2020 sont réduits à la portion congrue. Pas de différence attendue entre favoris mais probablement de belles envolées de baroudeurs. L’étape d’aujourd’hui pourrait commencer fort, ne soyez pas en retard !
Corollaire, l’exercice de mascotte s’avérera compliqué mais pourrait faire la différence en cas de bonne pioche 🙂

Tous groupés

Il y a deux types d’arrivée au sommet : celles où chacun veut saisir sa chance, où tout le monde se regarde et celles où Wout Van Aert mène un train d’enfer en tête de peloton. C’est peu dire qu’il est plus simple de placer une attaque dans la première situation et c’est la seconde situation à laquelle nous avons assisté hier.

En vue de faire place nette pour Primoz Roglic et d’éviter les attaques intempestives, l’équipe Jumbo-Visma a confié à Wout Van Aert le soin de se muer en simple équipier pour visser et mettre le peloton à l’épreuve. Suivre était déjà un exploit et l’écrémage s’est effectué par l’arrière : Buchmann, Mas, Valverde, Martinez ou Carapaz sont ainsi passés par la fenêtre.

Et Martin failli rafler la mise!

Quand Van Aert s’est garé, Guillaume Martin a placé une belle attaque à quelques centaines de mètres de l’arrivée qui a fait lever les supporters français de leur canapé. Las, Roglic a ramené tout le monde et s’est adjugé l’étape. Son compatriote Pagacar permet à la Slovénie de faire le doublé et Martin complète le podium. Alaphilippe garde son maillot jaune pour une poignée de secondes et peut espérer le conserver encore 9 jours s’il arrive à suivre les meilleurs dans le final demain.

Arrivée au sprint en vue

Avec une étape tout en descente pour quitter les Alpes vers les bords du Rhône, la victoire d’étape sera dévolue à un sprinteur. Le vainqueur sera un costaud du fait de l’arrivée après un beau faux-plat!

Sur le route Napoléon

Pour résumer l’étape d’hier, mieux vaut se raccrocher à l’histoire des paysages traversés que de chercher à monter en épingle les enjeux de la course.

Les coureurs ont ainsi suivi la route empruntée par Napoléon pour revenir de l’Ile d’Elbe et commencer les 100 jours menant l’Empereur à Waterloo. Jérôme Cousin, échappé durant la majeure partie de l’étape, s’est peut-être senti dans la peau de Napoléon, mais plutôt le Napoléon en exil que le Napoléon ralliant toujours plus de partisans à mesure qu’il s’approchait de Paris. Le télé-spectateur s’est lui sûrement dit que, « 100 jours, c’est long », en suivant l’étape tout l’après-midi.

Maillot à pois et bad karma

La bataille au sommet du jour a été celle du maillot à pois entre Anthony Perez et Benoît Cosnefroy. Ce duel épique à chaque sommet de col a basculé en faveur de Perez, qui, bien malheureux, a dû finalement abandonner après une chute. Cosnefroy avait alors « course gagnée » en assurant un nouveau maillot à pois. Il a dû néanmoins tâter du bitume à quelques kilomètres de l’arrivée. Un maillot maudit dites-vous ?

Alaphilippe en jaune ce soir ?

Les favoris ne pourront pas se cacher aujourd’hui avec étape se terminant par un col de 1ère catégorie. Une échappée au long cours se disputera vraisemblablement la victoire d’étape mais, dans la foulée, les leaders voudront se tester dans la montée d’Orcières-Merlette. Alaphilippe devra alors tout donner pour maintenir sa maigre avance de 17″ : ça, il sait faire et la montée raide et courte lui convient bien !

On prend les mêmes…

Le Covid, le Tour en septembre, les journalistes qui commentent depuis Paris : tout a-t-il changé en 2020 ? Non, et J.Alaphilippe a eu la bonne de nous le prouver en prenant à nouveau le maillot jaune dès le début du Tour en allant le chercher à la pédale.

Il aura pourtant fallu attendre la plus petite des côtes, placée à 10 kms de l’arrivée et non référencée au classement des grimpeurs pour voir la course s’emballer. J.Alaphilippe et son habituelle pancarte sur ce type de final ont fait le trou au début de ce col des 4 chemins et su manœuvrer Hirschi et Yates au sprint pour refaire le coup d’Epernay 2019. Le Français aura plaisir à défendre son maillot jaune dès mardi lors de la première arrivée au sommet à Orcières-Merlette (étape notée « TT » sur l’indice Télé-travail d’En Chasse-Patate, cf https://enchassepatate694266048.wordpress.com/2020/08/27/le-parcours-2020-cochez-votre-calendrier/).

Avant cela, pas grand chose : une longue échappée avec Sagan qui conforte déjà son maillot vert et deux cols de 1ère catégorie largement escamotés par les favoris.

Bye bye Nice et retour des sprinteurs ?

Le WE niçois est terminé et les coureurs vont s’orienter direction Nord-Ouest vers Sisteron. Deux schémas d’étape possibles :

  • L’équipe Deceuninck d’Alaphilippe veut se faciliter la vie et une échappée avec de nombreux coureurs éloignés au général prend le large
  • Les équipes de sprinteurs savent que le tour de France 2020 ne leur laissera pas beaucoup de terrains de jeu et mettront les équipiers à la planche pour arriver groupés à Sisteron

La 2ème option semble la plus vraisemblable 🙂

A l’eau, maman bobo

Après un été sec, la première étape s’est courue sous des averses dans l’arrière-pays niçois. Le début de course a été tranquille et une échappée s’est tranquillement extirpée du peloton. La pluie qui s’est ensuite abattue sans discontinuer a transformé la route en patinoire, envoyant au tapis de nombreux coureurs.

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Une fois que toutes les équipes ou presque ont vu un de leurs coureurs au sol, la course a été littéralement neutralisée avec des coureurs bien décidés à arriver à Nice groupés. C’est bien ce qui a failli se passer puisque tous les attardés ont un à un réintégré le peloton. C’était sans compter sur une n-ième chute à 3 kms de l’arrivée. Chute impliquant notre favori national, Thibaut Pinot.

Au final, Kristoff vient ravir la victoire aux grands favoris du sprint et Pinot rallie l’arrivée sans trop de dégâts (pas de retard au chrono puisque les effets de la chute ont été neutralisés et pas trop de bobos).

Voilà la montagne!

Difficile de prévoir un vainqueur aujourd’hui. Ce qui est sûr : ne mettez pas votre mascotte sur un sprinteur car avec plus de 4000m de dénivelé positif et 2 cols de première catégorie, la part belle sera faite aux baroudeurs et aux puncheurs.
Pour la victoire : Alaphillipe, De Gendt, Van Aert ? Un costaud, à n’en pas douter !