Prépa Tour – Episode I

Le Tour est encore dans trois semaines mais la moindre des choses, pour affronter une telle compétition, est de suivre une préparation spécifique. Froome ne s’est pas fait en un jour ! Durant ce mois de juin, nous essaierons de te distiller des informations ciblées qui, sans te faire crouler sous les analyses, te permettront d’y voir plus clair avant le départ.

La vie sans Froome

Pour ceux qui auraient passé la semaine dernière en stage d’altitude pré-Tour sans moyens de communication, la nouvelle de la semaine est le forfait de Froome pour le Tour 2019. Le quadruple vainqueur du Tour a chuté très lourdement lors de la reconnaissance de la 4ème étape du Dauphiné. Le placement en soins intensifs a pu faire craindre le pire. L’état de santé du britannique évolue favorablement mais les multiples traumatismes subis conduisent à un diagnostic certain : nous ne reverrons pas Froome sur un vélo en 2019. Geraint Thomas sera donc le leader d’Ineos (qui a repris le flambeau de Sky depuis 2 mois), à moins que le jeune Egan Bernal n’en profite pour faire éclater son talent au grand jour.

Le Dauphiné, répétition du Tour

Mini-Tour de France sur une semaine en région Rhône-Alpes-Auvergne, le Dauphiné a depuis longtemps été une répétition pour les favoris du Tour, qui viennent s’y jauger à quelques semaines du grand départ. Rien que sur les 7 dernières éditions, 5 vainqueurs ont ensuite remporté le Tour de France. Cette année, que peut-on retenir ?

  • Le vainqueur : Jakob Fuglsang. Costaud, le danois accroche un 2ème Dauphiné (après 2017) et affiche ses ambitions pour le Tour
  • L’espoir : Emmanuel Buchmann. Le jeune allemand a semblé en grande forme en montagne
  • Les Français : un bon Pinot, déjà affuté, et un Bardet pas encore à son pic de forme
  • Quintana : un peu en retrait, le colombien ne saura probablement pas dans le chapeau 1 des favoris du tour
  • Dumoulin : pas remis de sa chute au Giro, le néerlandais abandonne. Dur printemps…
  • Kruijwijk (« kreuzwaïk », entendu à la télé) : l’autre carte des Jumbo-Vista avec Roglic n’a pas pu accroché les meilleurs samedi et a abandonné dimanche
  • Adam Yates : un Yates n’en cachera pas un autre ; après le Giro décevant de Simon, Adam a abandonné lors du Dauphiné
  • Alaphilippe : il ne jouera pas le général mais le meilleur français du début de saison (vainqueur de la Flèche Wallone, de Milan-San Remo et des Strade Bianche) sera sans nul doute à l’offensive durant tout le Tour.

Sprinte-la comme Sagan

Pour fêter les 100 ans du maillot jaune (une tunique distinctive pour le leader du classement général n’est apparue qu’au cours du premier tour post-grand Guerre, 13ème du nom), ASO organise une randonnée vélo sur le circuit des Champs-Elysées, quelques heures avant le passage des coureurs. 7 kilomètres au profit de Mécénat Chirurgie Cardiaque et Agir pour la santé des femmes qui te permettront de te prendre pour Eddy Seigneur, attaquant avant la flamme rouge lors de la dernière étape du Tour 1994 et résistant au peloton lancé à sa poursuite.

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Les lièvres et la Tortue

Richard Carapaz est devenu, après sa victoire sur le Giro, le meilleur coureur équatorien de l’histoire. Arrivé à Bologne il y a trois semaines comme un outsider voire une grosse cote, Carapaz est monté en puissance, en construisant sa victoire étape après étape.

Carapaz, la tortue, a laissé les lièvres Roglic et Nibali s’observer et se marquer à la culotte pour refaire son retard puis faire le trou au moment les deux favoris ont semblé moins bien.

Tout avait bien commencé pour Roglic qui a compté jusqu’à 3’30 d’avance sur Carapaz au soir de l’étape 12, ce dernier ayant alors 1’30 de retard sur Nibali. Carapaz a profité de la montagne (étapes 13 et 14) et de l’attentisme des favoris pour refaire son retard avant de porter l’estocade lors de l’étape apocalyptique pourtant amputée du Gavia.

Il a tenu jusqu’au bout et remporte une fort belle victoire.

Rien ne sert de courir, il faut partir à point ? Certes.

La chance sourit aux audacieux ? Sans aucun doute!

 

Les tops

  • Carapaz : audacieux, opiniâtre, l’équatorien est le grand bonhomme du Giro
  • Ciccone : maillot azzuro du meilleur grimpeur dès l’étape 1, l’italien mérite son maillot en allant gagner l’étape reine de la course
  • Les jeunes français : la délégation française, peu nombreuse, n’était pas ici pour faire de la figuration. Peters (une victoire d’étape) et Madouas (13ème du général) ont montré de belles choses, laissant envisager de belles années à venir.

Les flops

  • Yates : arrivé revanchard et mordant, le britannique n’a pas existé et ce dès le départ. Une course à oublier.
  • Gaviria et Viviani : ils étaient annoncés comme les deux rois du sprint et ont été largement éclipsés par Ackermann, Ewan ou même Démare.
  • Dumoulin : dur de le mettre ici mais le néerlandais a dû abandonner rapidement à cause d’une chute. Le parcours semblait pourtant l’avantager, dommage…

 

Bon mois de juin,

L’Equipe En Chasse-Patate

Ne basculez pas encore sur Roland Garros !

Jusqu’à hier soir, les deux premières semaines du Giro ont semblé à sens unique. Dans le sens du vent et de la pente pour l’ancien sauteur à ski Roglic qui ne demandait qu’à atterrir en douceur sur la plus haute marche du podium à Vérone : Dumoulin out après une chute, Yates pas au niveau dans les ascensions, Nibali repoussé à près de deux minutes après la chrono pluvieux de dimanche dernier.

Comme le Giro 2018 et Chris Froome nous l’ont enseigné, rien n’est terminé sur une course de trois semaines tant que les outsiders n’ont pas baissé les bras. La fin de l’étape d’hier et a fortiori celle d’aujourd’hui ont sérieusement rebattu les cartes.

Carapaz, doublé et maglia rosa

L’étape de samedi nous laissait escompter une belle bataille, ce que semblaient confirmer les premiers kilomètres de course, menés tambour battant. Le soufflé est vite retombé et Roglic paraissait tranquille, en contrôle dans le groupe des favoris. C’était sans compter sur le colombien Carapaz, à presque deux minutes de Roglic en début d’étape, qui a pris sa chance dans la dernière ascension pour accrocher une deuxième étape à sa carrière et chiper le maillot rose pour 7 secondes à Roglic.

Côme, un ouragan

Rien de bien méchant pour autant pour Roglic, qui était ce matin à portée de fusil de Carapaz en prévision du contre-la-montre final de dimanche prochain. Pourtant, dans la dernière ascension du jour autour du lac de Côme, Roglic n’a pas semblé impérial, concédant quelques mètres après une attaque de Nibali et chutant sans trop de mal dans la descente finale, sur un vélo emprunté à un coéquipier. Carapaz a tenu son rang de leader du général et est même allé chercher Nibali dans la dernière montée. Il reprend 40 secondes sur Roglic, ce dernier voyant Nibali revenir à une minute.

La dernière semaine, même amputée du Gavia du fait des conditions climatiques extrêmes, est très ouverte. Le Giro 2019 n’a jamais semblé aussi indécis et excitant ! Vivement mardi !

Roglic a essoré ses adversaires

Dans des conditions météorologiques dignes d’un tour du Yorkshire ou d’un Liège-Bastogne-Liège des mauvaises années, Primoz Roglic a assommé le deuxième contre-la-montre du 102ème Giro.

En l’absence de Dumoulin, seul le champion du monde Victor Campanaerts, parti tôt dans l’après-midi, a été capable de donner le change au slovène. Dans une position parfaitement aérodynamique de l’ancien sauteur à ski qu’il fut, Roglic a avalé les kilomètres de bitume trempé. Le plus heureux (Nibali) a perdu 1 minute et les moins heureux jusqu’à 3 minutes (3’11 pour Yates!).

Le Giro semble déjà plié et seules les conditions de froid qui prévaudront dans les Alpes nous incitent à la prudence quant à l’issue du Giro. Les outsiders devront dynamiter la course s’ils veulent se donner une chance de faire plier Roglic. Un sacré défi en perspective.

Demandez le programme !

Les Alpes se profileront en fin de semaine avec en point d’orgue de cette deuxième semaine les délicieuses étapes de vendredi et de samedi. Clin d’oeil à l’histoire du cyclisme, l’étape de samedi partira de Saint-Vincent, lieu de naissance de Maurice Garin, français né italien et vainqueur du premier Tour de France. Avant cela, nous patienterons en regardant les sprinteurs se battre pour incrémenter ou ouvrir leur compteur .

Mascotte de mardi :

Le peu de dénivelé de l’étape de mardi et la longue ligne droite d’arrivée (2 kms) ne laissent entrevoir qu’un type d’arrivée : le sprint massif. A vos Ackermann, Ewan et autres Démare!

L’équipe En Chasse-Patate

Du-moulin broie du (blé) noir

Premier coup de tonnerre mercredi matin : Tom Dumoulin, un des grands favoris du Giro, n’est pas au départ de l’étape 5 après une douloureuse chute survenue dans le final de l’étape 4. Roglic semble avoir un boulevard devant lui et la question qui se pose est : tiendra-t-il le choc jusqu’au bout des trois semaines ?

Ackermann brave les éléments

Pascal Ackermann a doublé la mise en battant ses rivaux au sprint sous une pluie battante. Les espoirs d’Arnaud Démare sont tombés à l’eau à 400m de l’arrivée quand le sprinteur français a roulé dans une flaque qui l’a ralenti.

Conti partiro

Est-ce dû à la chute en début de journée de Roglic ou au profil accidenté de l’étape ? Toujours est-il que les baroudeurs ont eu un bon de sortie de la part du peloton. Un groupe nombreux et solide a pris le large (plus de 7 minutes d’avance à l’arrivée). De ce groupe se sont extirpés 2 coureurs italiens : le grimpeur italien Masnada et le mieux placé au classement général de l’échapée Conti. Le mano a mano pour la victoire d’étape n’a pas eu lieu puisque les deux coureurs ont décidé de partager le butin : la victoire d’étape pour Masnada et le maillot rose pour Conti, qui a ce matin plus de 5 minutes d’avance sur Roglic.

A quelle mascotte se vouer ?

L’étape d’aujourd’hui rend l’attribution de la mascotte compliquée. Parcours pour baroudeurs au vu des 50 derniers kms, une échappée se dessinera-t-elle ? Dans ce cas, Ciccone ou De Gendt ont les profils idéaux. Si aucune échappée ne se dessine, place aux puncheurs du peloton voire aux favoris qui voudront récupérer un peu de temps en attaquant.

 

L’équipe En Chasse-Patate

Carapaz a fait le dos rond

Le profil de l’étape d’hier nous avait conduit à vous faire part des incertitudes sur la victoire de l’étape. La fin d’étape a été haletante du fait d’une chute massive qui est intervenue à moins de 10 kms de l’arrivée. La chute a fait émerger une quinzaine de coureurs qui ont joué la victoire finale.

Carapaz en costaud

Dans ce groupe, un mélange de sprinteurs et de puncheurs avec en prime, le leader du général, Primoz Roglic. Après l’écrémage de la plupart des sprinteurs (Viviani, Démare) dans la bosse finale, le grimpeur colombien, Richard Carapaz, a attaqué dans le dernier kilomètre. Le sprinteur australien Caleb Ewan a tenté de tardivement boucher le trou, sans succès puisque Carapaz a résisté et a maintenu quelques mètres d’avance sur la ligne.

La belle opération pour Roglic, la déprime pour Dumoulin

Roglic fait la bonne opération au classement général en terminant 18 secondes devant la majorité des favoris, piégés dans la chute et pour autant indemnes. Le principal perdant est l’autre favori du Giro, Tom Dumolin qui, lui, a été touché, gravement semble-t-il. L’ancien vainqueur du Giro a terminé la tête basse et le genou en sang, accompagné par ses équipiers, à plus de 4 minutes de Roglic. Va-t-il même continuer, à suivre.

Conseil mascotte du jour :

  • le début d’étape vallonné et la durée courte de l’étape (140 kms) devraient donner des envies aux baroudeurs de tenter leur chance
  • les 40 derniers kilomètres absolument plats permettront vraisemblablement aux sprinteurs de se retrouver pour une 3ème manche. La bonne pour Viviani
  • Pour rappel : chaque jour, tu peux désigner un de tes coureurs comme mascotte de l’étape. Si ta mascotte empoche au moins un point durant l’étape (parmi les catégories Sprint, Montagne et Combattif), elle se verra attribuer 10 points supplémentaires. En revanche, si elle n’en inscrit aucun, il subira une pénalité. Le montant de la pénalité dépend du nombre de fois où ce coureur a été mascotte : 0 point la première fois, 4 points la seconde fois, 8 points la troisième, etc.

 

L’équipe En Chasse-Patate

Une belle mise en bouche

Le premier week-end du Giro nous a donné des premières indications sur les forces en présence, pour le général et côté sprinteurs.

Une étape comme un prologue en côte

Les 8 kms de contre-la-montre dans les rues de Bologne ont permis aux favoris d’envoyer la sauce, notamment dans la terrible côte de San Luca. Cette côte longue de 2kms avec des passages à 16% de pente a conduit à créer des premiers écarts au classement et des premières indications sur les états de forme.

  • Roglic (1er) : costaud, le slovène reste sur la forme de son tour de Romandie et relègue le reste des coureurs à plus 20 secondes
  • Yates (2ème à 19″) : le grand nombre d’étapes contre-la-montre (3) du Giro pouvait laisser penser que la partie serait compliquée pour  le britannique. Premier obstacle franchi sans encombre pour Yates
  • Nibali (3ème à 23″) : grosse perf pour le requin de Messine(*) qui termine 3ème. Le coeur des tifosi se met déjà battre!
  • Lopez (4ème à 28″) : le colombien est bien là
  • Dumoulin (5ème à 28″) : il était attendu que le premier partant claque un chrono de référence à même de le rester durant toute l’étape. Il n’en est rien, le néerlandais prend un (petit) éclat

RDV dimanche prochain à San Marin pour le prochain contre-la-montre.

Les sprinteurs s’imposent en Toscane

Premier du longue série, le sprint massif du jour a été remporté par Pascal Ackermann, au nez et à la barbe des deux grands favoris, Viviani (2ème) et Gaviria (4ème). La longue échappée du jour n’a jamais paru être en mesure d’aller au bout et n’a servi qu’à la consolidation du maillot du meilleur grimpeur (qui est bleu de l’autre côté des Alpes) de Giulio Ciccone. Revanche demain à Orbetello

 

(*) une règle importante du commentaire cycliste : toujours appelé un coureur par son surnom, notamment quand ce dernier est un animal