Pogacar, l’assaut

L’étape du Creusot n’aura été qu’une parenthèse. L’échappée tout en panache de Van der Poel et Van Aert aura laissé planer le doute une journée sur la domination de Pogacar. Avec tous les favoris rejetés à près de 4 minutes, il était légitime de penser qu’il existait un scénario de course, le fameux scénario « attentiste », dans lequel Van Aert et/ou Van der Poel s’accrochait à son maillot durant de nombreux jours. Avec un passage alpestre moins fourni cette année, il n’était pas écrit que tout explose à peine arrivé à proximité des montagnes

Un spectacle dantesque

Le combat auquel se sont livrés les coureurs a été aussi incessant que la pluie glacée qui a magnifié ce combat. Dès les premiers kilomètres, le peloton a explosé éliminant déjà des favoris (Thomas). Comble de malchance pour ceux qui avaient un coup de mou, l’échappée a mis 70 km à se former. Le début d’étape s’est donc couru à un train d’enfer et, quand 18 coureurs ont réussi à s’extirper, le peloton avait perdu les deux tiers de son effectif. Le coeur des difficultés pouvait donc commencer. Dès le premier col de 1ère catégorie, Van der Poel a été irrémédiablement lâché et Van Aert craquait dangereusement.

Pogacar à l’attaque

Il avait du retard au général et se sentait bien, Pogacar a donc décidé de ne pas attendre le dernier col (nous n’y sommes pas habitués !) pour attaquer. A plus de 30 km de l’arrviée, il est sorti du peloton pour un raid solitaire magistral. Carapaz a à peine essayé de prendre sa roue mais a vite lâché. Avalant les kilomètres et les rescapés de la grande échappée, il a assuré dans la dernière descente pour valider l’écart creusé. Il a ce matin presque 5 minutes d’avance sur tous ses concurrents.

Et aujourd’hui, sur la route de Tignes

Après une étape où tous les favoris ont terminé aussi groggys par le froid que par le coup porté par Pogacar, que peut-il se passer aujourd’hui? L’étape reine des Alpes verra-t-elle une échappée fleuve ? Ou la contre-attaque des Ineos voire des Jumbo ? Ou la bataille sera-t-elle seulement une bataille pour la 2ème place ? Une réponse par l’affirmative aux trois questions serait gage d’une étape royale. Réponse dans quelques heures

Le guide du distanciel

Avec un retour en présentiel toujours plus fréquent sur le mois de juillet, mieux vaut prendre ses précautions pour ne pas faire coïncider Ventoux et toux de son voisin de bureau. Comme pour 2020, nous te proposons un indice « Télé-Travail » pour vivre au mieux le mois de juillet :


T (Travail tout court) : l’étape ne devrait pas donner lieu à de grandes envolées. Profites-en pour montrer ta tête au bureau
TT (Télé-travail) : bloque ta journée à la maison, ça peut décoiffer (éléments de langage : « on ne peut quand même pas passer d’un extrême à l’autre en revenant 5 jours par semaine au bureau! »)
TTT (Tour et Télé-travail) : les sommets du Tour, à voir absolument. Nettoie ton agenda!

EtapeIndice Télé-travailCommentaires
1TTEn terre de cyclisme, les puncheurs voudront accrocher le premier maillot jaune
2TTLa classique arrivée à Mûr de Bretagne : impressionnant et exaltant
3TEtape promise aux sprinteurs, sans aucun doute
4TSauf coup de vent, ça sent le coup double pour les sprinteurs
5TTLa première explication entre prétendants au général : suspens garanti!
6TLe Berry sera en fusion pour une étape qui ne va faire lever de leur siège que les locaux
7TTUne étape marathon avec une fin mouvementée dans le peu emprunté Morvan
8TTT3 cols de 1ère catégorie et les premiers frissons des sommets
9TTTLa grande étape alpine qui devrait faire exploser le groupe des favoris
10TUn peu de répit après le court passage alpin : place aux sprinteurs
11TTTUn double Ventoux qui s’annonce monstrueux, malgré l’arrivée dans la vallée
12TTL’étape des bordures, ce sera elle, si le vent se décide à souffler
13TA priori du sprint, avant l’arrivée dans les Pyrénées
14TTUne belle étape pour les baroudeurs, qui vont s’en donner à coeur joie
15TTTUne arrivée à Andorre, beaucoup de dénivelé positif et de sacrés pentes
16TTEncore une étape pour les baroudeurs, enfin, les plus costauds car le parcours est sélectif
17TTTLe calme avant la tempête : après 100 km de plat, 3 cols en 60 km
18TTTDeux monuments du Tour avec le Tourmalet puis l’arrivée à Luz Ardiden
19TLes Pyrénées sont terminées et les sprinteurs reprendront la main
20TTTLe Contre-la-montre individuel qui donnera peut-être, comme en 2020, le verdict du Tour
21TTDu grand classique : le défilé en début d’étape, le passage dans Meudon par sa déchetterie et sa route des gardes, avant l’arrivée sur les Champs

Team up !

Moment crucial du Tour de France, la sélection de l’équipe est fait au mieux de choix et de renoncements et au pire de dilemmes et de déchirements. Concentré ses étoiles sur les leaders ou les répartir ? Miser sur un type de coureur ou panacher entre sprinteurs, grimpeur et puncheur ? A défaut de te donner les clés du succès, nous allons essayer de te donner de quoi te creuser les méninges (« du pain à moudre » comme l’avait dit un ancien sélectionneur de l’équipe de France de foot).

Place à ceux qui brillent

Une chose est sûre, a fortiori avec le nouveau barème : il faut miser sur ceux qui vont briller. Les victoires d’étapes, les porteurs de maillot te rapporteront plus de points qu’un suiveur visant une quinzième place au général. Que les coureurs coupent la ligne d’arrivée en premier, sur le plat ou dans la montagne, tant qu’ils sont devant, ils feront de toi un sélectionneur heureux.

Faut-il avoir le vainqueur du Tour dans son équipe ?

On ne prête qu’aux riches donc avoir le vainqueur ne peut pas faire de mal. Néanmoins, l’impact décisif du vainqueur du Tour dépendra du poids de ce vainqueur sur le Tour : entre un vainqueur timoré, gagnant à la Pyrrhus et un Pogacar empochant 3 maillots et 3 étapes en 2020, il y a un monde.

Panacher ou concentrer ?

Avoir 4 coureurs du même type (prétendants au général ou sprinteurs) ou équilibrer ton équipe est une affaire de risques ! A miser sur les mêmes coureurs, tu vas bien finir par trouver le meilleur… mais peut-être au détriment des autres. A contrario, mettre tous tes œufs dans le même panier peut te faire râler en cas d’abandon précoce

Et les français ?

Si tu penses que ton soutien aux français via En Chasse-Patate peut leur porter bonheur, vas-y ! Nous ne pouvons que te soutenir, ça nous ferait très plaisir. Par contre, ne compte pas sur des bonus particuliers : hormis peut-être le prix du combatif, chasse gardée des français ? 😉

C’est bon, te voilà plus avancé ?

Il faut que tout change pour que rien ne change !

Le barème de points est-il équilibré ? Reflète-t-il bien les performances des coureurs ? Permet-il aux meilleurs de voir leur équipe triompher ? Autant de questions que nous nous posons régulièrement et qui nous ont conduits à toiletter le barème des points.

Prime à ceux qui crèvent l’écran

C’est ce qui a guidé nos modifications : faire de plus grosses différences entre les coureurs placés et les coureurs gagnants. Cela se traduit par 3 modifications :

  • Prime aux vainqueurs d’étape : le vainqueur empochera 50 points bonus, en plus des points « maillot vert » empochés à chaque arrivée. Entre le 1er et le 2eme d’une étape, finies les différences incrémentales, seule la victoire comptera
  • Sortez les maillots : les porteurs de maillot distinctif (jaune, vert, à pois), en plus de leur montée quotidienne sur le podium et des points du barème actuel, gagneront 10 points supplémentaires
  • Que la montagne est belle : les passages aux sommets des cols rapportent peu de points dans les barèmes officiels. Nous allons donc appliquer un coefficient x2 aux points acquis par les grimpeurs

Attention aux contrôles !

Avec toutes ces bonifications, il sera tentant de vouloir donner un petit coup de pouce « chimique » à ses leaders… Attention tout de même, les adversaires ne s’en laisseront pas compter !

Et aussi !

Nous avons essayé de te donner plus d’information, sur ce qui se passe dans la course ! Avec notamment :

  • un compte à rebours avant le début de la prochaine étape
  • ce qui se passe chez tes adversaires : les coureurs en lice, les coureurs « mascottisés », les coureurs dopés et ceux pris par la patrouille
  • des flash news sur les coureurs qui finalement ne participent pas au Tour
  • des flash news sur tes coureurs qui abandonnent
  • des flash news sur tes remplaçants qui performent mieux que tes titulaires

Bonne réflexion stratégique 🙂

Le Tour 2020 en chiffres

Le coureur ayant passé le plus de distance en échappée, les temps de montée des cols… les chiffres principaux du Tour ont été exhibés. Reste maintenant les chiffres qui comptent vraiment, ceux d’En Chasse-Patate. Vous vous êtes jugés particulièrement percutan sur un volet de la course ou malchanceux sur un autre, nous vous disons tout !

En Chasse-Patate awards

  • le joueur le plus malchanceux : Bichon a vécu un calvaire avec 6 abandons sur les 11 coureurs de son équipe. Comme quoi, il n’y a pas que Pinot qui est poissard !
  • les équipes en pleine santé : a contrario, 15% des équipes ont réussi à atteindre Paris sans perdre un seul coureur.
  • l’équipe la mieux dopée : la team Eqho a réussi à doper 10 de ses coureurs à 10 étapes différentes sans aucun contrôle positif. Bon, sur une ligue de trois personnes mais quand même ! Désapprouvant le dopage, nous ne donnerons à personne les coordonnées du directeur de la team Eqho 🙂
  • le contrôle anti-dopage le plus prolifique : « Ceux qui ont la Patate » a réussi à coincer 9 coureurs à l’étape 18. Le plus beau coup de filet depuis l’affaire Festina
  • les équipes les plus contrôlées : quand on sale trop la soupe, ça finit par se voir. N’est-ce pas Chorizo tinto, En roue lib’, Sanofi, slow your roll, ConstellaTeam et les Pédales ? Chacun a perdu 8 coureurs sur contrôle positif.

S’il fallait tout recommencer…

Le moment de la sélection des coureurs est un moment crucial qui vous a sûrement provoqué des dilemmes cornéliens. Voilà ce qu’il aurait fallu faire pour cartonner :

  • La meilleure équipe : Roglic (4*), Pogacar (3*), Bennett (2*), Porte (1*), Mas, Morkov, Rolland et Mezgec
  • La meilleure équipe en acceptant les remplaçants : Pogacar, Bennett, Trentin, Hirschi, Mas, Bol, Skuijns, Morkov avec pour remplaçants Uran, Porte et Rolland. Il fallait alors sacrifier Bol après l’étape 6, Skujins après l’étape 9 et Morkov après l’étape 11. Et tout ça pour 2345 points !

Il a été la chercher !

L’histoire de ce Tour a failli se résumer à celle trop souvent racontée et rencontrée, celle d’une équipe complète, écrasant la course avec des champions pour équipiers et propulsant son leader de manière irrépressible vers la victoire. Un jeune slovène sans équipe ou presque en a décidé autrement.

Jusqu’au bout dans la course

En attaquant le lendemain de la perte de plus d’une minute sur une bordure, en allant chercher des bonifications, bref en se maintenant à portée de tir, Pogacar s’est donné la chance de remporter le Tour quand Roglic ne pouvait plus compter sur ses équipiers. Dans le contre-la-montre final, Roglic le spécialiste partait pourtant avec 57″ d’avance. 1’60 par kilomètre, de quoi voir venir et ne pas croire en un hypothétique renversement. Pourtant, le rythme imprimé dès le début par Pogacar a mis la pression sur Roglic qui avait déjà perdu la moitié de son avance à l’entame de la rampe finale.

Quand la team Jumbo-Visma a improvisé un changement de vélo, les dés étaient déjà jetés. Le casque de Roglic malhabilement posé sur le crâne ressemblait à la couronne d’un roi dont le règne vacillait. Exsangue et hagard, Roglic semblait errer sur le bitume là où Pogacar volait. Le plus jeune des deux slovènes survole son aîné, remporte son premier Tour et prolonge ainsi la mainmise des jeunes sur le tour après Bernal l’an passé.

On refait le match !

Roglic et son équipe doivent le refaire depuis hier soir même sans le regretté Eugène Saccomano : à quel moment Jumbo-Visma a perdu le Tour ? Pas facile à dire car l’adversaire était fort. Néanmoins, quand on a une équipe aussi dominante et quasiment deux vainqueurs en puissance, difficile de se dire que les occasions ne se sont pas présentées. Roglic aurait pu se montrer moins défensif, se contentant trop de ce qu’il avait, et Jumbo-Visma aurait pu tenter de jouer la carte Dumoulin en plus de celle de Roglic pour faire travailler son adversaire. Roglic doit avoir des regrets, il aurait préféré avoir des remords. Si le perdant souffre autant, c’est que ce Tour a été beau.

Et Pogacar est toujours là

La montée d’hier vers le Grand Colombier a démontré la suprématie impressionnante de l’équipe Jumbo-Visma sur le reste du peloton. L’ascension finale a débuté avec un scénario bien connu : les équipiers du maillot jaune montent à un tempo soutenu pour prévenir les attaques. Sauf que d’habitude, les équipiers s’épuisent les uns après les autres, laissant leur leader le soin de terminer le travail.

Hier, il n’en a rien été puisque la Jumbo est restée bien nombreuse jusque dans les derniers kilomètres. Le surhomme Van Aert (vainqueur de 2 étapes… au sprint) a mené le tempo jusqu’à tard dans le col laissant Roglic avec encore Bennett, Dumoulin et Kuss. Au final, aucune attaque n’a réellement été tentée et la victoire s’est quasiment jouée en sprint. Pogacar l’emporte et effectue un mini-rapproché sur Roglic.

Si Jumbo-Visma aura du mal à distancer Pogacar qui semble au niveau de Roglic, le contraire sera tout aussi compliqué… Pogacar est bien seul dans sa team UAE et même dans le peloton à pouvoir attaquer Roglic. Si Pogacar semble être le seul à pouvoir battre Roglic, ce dernier peut-il être battu tant il semble fort au sein d’un collectif surpuissant ?

La Colombie a un genou à terre

Le classement général vendredi soir ressemblait à un match de coupe Davis version cyclisme : 2 Slovènes aux 2 premières places puis 4 colombiens. La journée de dimanche a été fatale au double colombien Quintana-Bernal puisque ce dernier a littéralement explosé dans la dernière montée (en concédant 4 et 7 minutes aux meilleurs!) et dit adieu au podium.

Tout donner

La dernière semaine sera dure, propice à permettre des différences entre leaders. Encore faudra-t-il avoir la force et la détermination de vouloir faire chanceler l’armada Jumbo-Visma. Pogacar devra saisir toutes les opportunités de le faire, quitte à mettre en péril sa deuxième place. A 21 ans, il peut se le permettre !

Sagan, du vert au rouge

Le 8ème maillot vert de la carrière de Sagan vient peut-être de s’envoler. Déclassé pour un passage forcé sur Van Aert dans le sprint de l’étape d’hier, Sagan a laissé Bennett (2ème de l’étape) faire le trou au classement du maillot vert. Les deux prétendants se livraient un duel à coups de maigres différences à chaque sprint depuis le départ du Tour. Sagan a à présent 68 points de retard sur Bennett et devra attaquer à chaque fois que c’est possible pour espérer revenir dans la course.

Carte postale historique

Le Tour permet de se replonger dans l’Histoire par les lieux qu’il traverse et rend aujourd’hui hommage à deux personnalités récemment disparues. L’une, Poulidor, a gardé la réputation d’éternel second (sur le tour, pas sur le reste, on est d’accord !) alors que l’autre a fini par gagner après avoir beaucoup perdu (Chirac). Cette étape sera l’occasion pour les baroudeurs et puncheurs d’aller gagner leur étape, avec des routes limousines qui favoriseront les échappés. L’occasion pour Sagan de relever la tête ?

Arrêt à Ré ?

Le vent iodé de la mer qui a accompagné les coureurs entre les îles d’Oléron et de Ré avait une odeur de stress hier avec les premiers cas positifs. Pas de cas de dopage mais pas de quoi être rassuré car ces cas positifs sont des cas Covid qui pourraient avoir raison de l’intérêt de la course, à encore 11 jours de l’arrivée à Paris.

Le spectre de l’arrêt

Si le contrôle positif de Christian Prudhomme fait surtout peur à Jean Castex qui a passé la journée de vendredi dans la même voiture que le directeur du Tour, celui des membres du staff de quatre équipes crispe à peu près tout le monde. Les règles sont strictes et si un deuxième contrôle positif a lieu, l’équipe en question sera renvoyée à la maison. Plus glorieux que l’équipe PDM qui en 1991 avait vu tous ses coureurs, subitement « tombés malades », abandonner la course en même temps mais triste quand même.

Les sprinteurs à Poitiers

Les coureurs n’auront pour le moment pas à se confiner à l’île de Ré et pourront chercher leur salut sur les routes qui les mènera à Poitiers. L’étape du jour leur permettra en effet de se remettre de leurs émotions avec une étape plate et courte au travers des Deux-Sèvres et du marais poitevin. Entre la Venise verte et la ville aux cent clochers, le point d’intérêt de la journée sera le côté carte postale. Pas de bordure à attendre en fin d’étape car les organisateurs ont choisi des routes abritées du vent à l’approche de Poitiers. Votre mascotte sera certainement un sprinteur !