Sublime cruauté !

Au départ de Saint Jean de Maurienne, vendredi matin, personne n’aurait pu ni voulu croire au scenario qu’allait nous proposer le Tour de France. Si les deux étapes monumentales à franchir semblaient représenter une marche trop haute pour Julian Alaphilippe, qui avait dangereusement décroché dans les derniers kilomètres du Galibier la veille, tous nos espoirs se reportaient sur Thibaut Pinot.

Le coup de massue

Dès les premiers kilomètres de l’étape, le ciel nous tomba sur la tête comme un temps qui tourne à l’orage en montagne en quelques minutes. Tout à coup apparu à l’écran Thibaut Pinot, à l’agonie et délaissé de tous, qui errait à l’arrière du peloton, en prise à une douleur manifestement insoutenable. Le temps pour nous tous d’essayer de comprendre les raisons de cette défaillance, Thibaut abandonnait, en pleurs, dans les bras de son capitaine de route William Bonnet.

Le Tour procure des émotions peu communes à ceux qui se donnent à lui. Les émotions les plus formidables lors des grandes victoires. Les émotions les plus terribles quand votre corps vous lâche. Thibaut nous a fait vivre tout ça cette année : il nous a permis de croire à la victoire en se donnant les moyens d’aller la chercher. Il nous a émus et fait crier à l’injustice. Merci. Quand il se mettra au départ du Tour 2020 pour essayer de le gagner, il réalisera à quel point il nous a fait vibrer cette année.

Thibaut out, reste Julian

Tous nos espoirs se reportaient alors sur un Julian Alaphilippe héroïque mais fatigué après les nombreuses batailles qu’il a livrées sans avoir été préparé à le faire. Quand Bernal attaqua alors que le sommet de l’Iseran était encore loin, le destin semblait scellé. Trop de fatigue et trop d’adversaires proches au général, la victoire et le podium semblaient échapper à notre français. La fin rocambolesque du Tour, avec 2 étapes largement écourtées, vit Bernal attraper son premier Tour et les seconds couteaux se contenter volontiers d’éjecter Julian du podium pour se contenter des places d’honneur. Julian nous a aussi régalé pendant 3 semaines. S’il disait avant le départ qu’il ne souhaitait pas encore se préparer à jouer le général des grands tours, ses trois semaines en jaune auront peut-être eu raison de ses certitudes…

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s