Le Tour 2020 en chiffres

Le coureur ayant passé le plus de distance en échappée, les temps de montée des cols… les chiffres principaux du Tour ont été exhibés. Reste maintenant les chiffres qui comptent vraiment, ceux d’En Chasse-Patate. Vous vous êtes jugés particulièrement percutan sur un volet de la course ou malchanceux sur un autre, nous vous disons tout !

En Chasse-Patate awards

  • le joueur le plus malchanceux : Bichon a vécu un calvaire avec 6 abandons sur les 11 coureurs de son équipe. Comme quoi, il n’y a pas que Pinot qui est poissard !
  • les équipes en pleine santé : a contrario, 15% des équipes ont réussi à atteindre Paris sans perdre un seul coureur.
  • l’équipe la mieux dopée : la team Eqho a réussi à doper 10 de ses coureurs à 10 étapes différentes sans aucun contrôle positif. Bon, sur une ligue de trois personnes mais quand même ! Désapprouvant le dopage, nous ne donnerons à personne les coordonnées du directeur de la team Eqho 🙂
  • le contrôle anti-dopage le plus prolifique : « Ceux qui ont la Patate » a réussi à coincer 9 coureurs à l’étape 18. Le plus beau coup de filet depuis l’affaire Festina
  • les équipes les plus contrôlées : quand on sale trop la soupe, ça finit par se voir. N’est-ce pas Chorizo tinto, En roue lib’, Sanofi, slow your roll, ConstellaTeam et les Pédales ? Chacun a perdu 8 coureurs sur contrôle positif.

S’il fallait tout recommencer…

Le moment de la sélection des coureurs est un moment crucial qui vous a sûrement provoqué des dilemmes cornéliens. Voilà ce qu’il aurait fallu faire pour cartonner :

  • La meilleure équipe : Roglic (4*), Pogacar (3*), Bennett (2*), Porte (1*), Mas, Morkov, Rolland et Mezgec
  • La meilleure équipe en acceptant les remplaçants : Pogacar, Bennett, Trentin, Hirschi, Mas, Bol, Skuijns, Morkov avec pour remplaçants Uran, Porte et Rolland. Il fallait alors sacrifier Bol après l’étape 6, Skujins après l’étape 9 et Morkov après l’étape 11. Et tout ça pour 2345 points !

Il a été la chercher !

L’histoire de ce Tour a failli se résumer à celle trop souvent racontée et rencontrée, celle d’une équipe complète, écrasant la course avec des champions pour équipiers et propulsant son leader de manière irrépressible vers la victoire. Un jeune slovène sans équipe ou presque en a décidé autrement.

Jusqu’au bout dans la course

En attaquant le lendemain de la perte de plus d’une minute sur une bordure, en allant chercher des bonifications, bref en se maintenant à portée de tir, Pogacar s’est donné la chance de remporter le Tour quand Roglic ne pouvait plus compter sur ses équipiers. Dans le contre-la-montre final, Roglic le spécialiste partait pourtant avec 57″ d’avance. 1’60 par kilomètre, de quoi voir venir et ne pas croire en un hypothétique renversement. Pourtant, le rythme imprimé dès le début par Pogacar a mis la pression sur Roglic qui avait déjà perdu la moitié de son avance à l’entame de la rampe finale.

Quand la team Jumbo-Visma a improvisé un changement de vélo, les dés étaient déjà jetés. Le casque de Roglic malhabilement posé sur le crâne ressemblait à la couronne d’un roi dont le règne vacillait. Exsangue et hagard, Roglic semblait errer sur le bitume là où Pogacar volait. Le plus jeune des deux slovènes survole son aîné, remporte son premier Tour et prolonge ainsi la mainmise des jeunes sur le tour après Bernal l’an passé.

On refait le match !

Roglic et son équipe doivent le refaire depuis hier soir même sans le regretté Eugène Saccomano : à quel moment Jumbo-Visma a perdu le Tour ? Pas facile à dire car l’adversaire était fort. Néanmoins, quand on a une équipe aussi dominante et quasiment deux vainqueurs en puissance, difficile de se dire que les occasions ne se sont pas présentées. Roglic aurait pu se montrer moins défensif, se contentant trop de ce qu’il avait, et Jumbo-Visma aurait pu tenter de jouer la carte Dumoulin en plus de celle de Roglic pour faire travailler son adversaire. Roglic doit avoir des regrets, il aurait préféré avoir des remords. Si le perdant souffre autant, c’est que ce Tour a été beau.

Et Pogacar est toujours là

La montée d’hier vers le Grand Colombier a démontré la suprématie impressionnante de l’équipe Jumbo-Visma sur le reste du peloton. L’ascension finale a débuté avec un scénario bien connu : les équipiers du maillot jaune montent à un tempo soutenu pour prévenir les attaques. Sauf que d’habitude, les équipiers s’épuisent les uns après les autres, laissant leur leader le soin de terminer le travail.

Hier, il n’en a rien été puisque la Jumbo est restée bien nombreuse jusque dans les derniers kilomètres. Le surhomme Van Aert (vainqueur de 2 étapes… au sprint) a mené le tempo jusqu’à tard dans le col laissant Roglic avec encore Bennett, Dumoulin et Kuss. Au final, aucune attaque n’a réellement été tentée et la victoire s’est quasiment jouée en sprint. Pogacar l’emporte et effectue un mini-rapproché sur Roglic.

Si Jumbo-Visma aura du mal à distancer Pogacar qui semble au niveau de Roglic, le contraire sera tout aussi compliqué… Pogacar est bien seul dans sa team UAE et même dans le peloton à pouvoir attaquer Roglic. Si Pogacar semble être le seul à pouvoir battre Roglic, ce dernier peut-il être battu tant il semble fort au sein d’un collectif surpuissant ?

La Colombie a un genou à terre

Le classement général vendredi soir ressemblait à un match de coupe Davis version cyclisme : 2 Slovènes aux 2 premières places puis 4 colombiens. La journée de dimanche a été fatale au double colombien Quintana-Bernal puisque ce dernier a littéralement explosé dans la dernière montée (en concédant 4 et 7 minutes aux meilleurs!) et dit adieu au podium.

Tout donner

La dernière semaine sera dure, propice à permettre des différences entre leaders. Encore faudra-t-il avoir la force et la détermination de vouloir faire chanceler l’armada Jumbo-Visma. Pogacar devra saisir toutes les opportunités de le faire, quitte à mettre en péril sa deuxième place. A 21 ans, il peut se le permettre !

Sagan, du vert au rouge

Le 8ème maillot vert de la carrière de Sagan vient peut-être de s’envoler. Déclassé pour un passage forcé sur Van Aert dans le sprint de l’étape d’hier, Sagan a laissé Bennett (2ème de l’étape) faire le trou au classement du maillot vert. Les deux prétendants se livraient un duel à coups de maigres différences à chaque sprint depuis le départ du Tour. Sagan a à présent 68 points de retard sur Bennett et devra attaquer à chaque fois que c’est possible pour espérer revenir dans la course.

Carte postale historique

Le Tour permet de se replonger dans l’Histoire par les lieux qu’il traverse et rend aujourd’hui hommage à deux personnalités récemment disparues. L’une, Poulidor, a gardé la réputation d’éternel second (sur le tour, pas sur le reste, on est d’accord !) alors que l’autre a fini par gagner après avoir beaucoup perdu (Chirac). Cette étape sera l’occasion pour les baroudeurs et puncheurs d’aller gagner leur étape, avec des routes limousines qui favoriseront les échappés. L’occasion pour Sagan de relever la tête ?

Arrêt à Ré ?

Le vent iodé de la mer qui a accompagné les coureurs entre les îles d’Oléron et de Ré avait une odeur de stress hier avec les premiers cas positifs. Pas de cas de dopage mais pas de quoi être rassuré car ces cas positifs sont des cas Covid qui pourraient avoir raison de l’intérêt de la course, à encore 11 jours de l’arrivée à Paris.

Le spectre de l’arrêt

Si le contrôle positif de Christian Prudhomme fait surtout peur à Jean Castex qui a passé la journée de vendredi dans la même voiture que le directeur du Tour, celui des membres du staff de quatre équipes crispe à peu près tout le monde. Les règles sont strictes et si un deuxième contrôle positif a lieu, l’équipe en question sera renvoyée à la maison. Plus glorieux que l’équipe PDM qui en 1991 avait vu tous ses coureurs, subitement « tombés malades », abandonner la course en même temps mais triste quand même.

Les sprinteurs à Poitiers

Les coureurs n’auront pour le moment pas à se confiner à l’île de Ré et pourront chercher leur salut sur les routes qui les mènera à Poitiers. L’étape du jour leur permettra en effet de se remettre de leurs émotions avec une étape plate et courte au travers des Deux-Sèvres et du marais poitevin. Entre la Venise verte et la ville aux cent clochers, le point d’intérêt de la journée sera le côté carte postale. Pas de bordure à attendre en fin d’étape car les organisateurs ont choisi des routes abritées du vent à l’approche de Poitiers. Votre mascotte sera certainement un sprinteur !

Semaine 1 – le bilan

Le parcours de la première semaine se voulait propice aux luttes pour le maillot jaune. Il ne l’a pas forcément été sur les arrivées aux sommets des massifs intermédiaires mais a donné lieu à une belle passe d’armes dans les Pyrénées. Bilan.

Les favoris passés au crible

  • Roglic (1er au général) : il a semblé le plus fort à chaque fois que la route s’élevait et edt entouré par une équipe qui confirme être surpuissante
  • Bernal (2ème) : pour la première fois sans équipe dominante, il a paru en progression à chaque étape
  • G.Martin (3ème) : le français le moins connu est bien en progression et a été très présent depuis le début du Tour, un cran en dessous de Roglic, Bernal ou Pogacar
  • Bardet (4ème) : il est bien présent et semble avoir envie de faire quelque chose de grand pour sa dernière année chez AG2R
  • Quintana (5ème) : en jambes, il a malheureusement concédé du temps dans Marie Blanque
  • Pogacar (7ème) : très costaud, il serait peut-être maillot jaune aujourd’hui s’il n’avait pas pris de bordure vendredi
  • Uran, Yates, Lopez, Landa, Porte : les écarts sont encore limités et les Alpes peuvent permettre à des coureurs montant en puissance de faire la différence

En route vers les Alpes

La deuxième semaine fera office de répit pour les meilleurs et de cœur de la bataille pour les sprinteurs et les baroudeurs. La belle arrivée à Puy Mary vendredi pourra donner lieu à des attaques des leaders (même si Jumbo-Visma devrait mener le peloton à un rythme d’enfer pour éviter les attaques) et la montée du Grand Colombier dimanche marquera l’arrivée dans les Alpes et sera le point d’orgue de la semaine.

Pour votre mascotte aujourd’hui, misez sur un sprinteur !

Et AG2R surgit !

L’équipe de Vincent Lavenu semblait en bout de course avec les départs annoncés de Bardet et Latour en fin saison et avait lâché son titre de figure de proue du cyclisme français. Moins attendue sur le Tour, elle est pourtant venue sortir les supporters français d’une belle ornière hier, avec l’effondrement de Pinot et la fin (voulue ?) de lutte pour le classement général d’Alaphilippe.

Peters pour l’étape, Bardet pour le général

Nans Peters est sorti vainqueur de la lutte entre membres de l’échappée du jour en signant un beau numéro dans le Port de Balès puis dans le col de Peyresourde, au nez à la barbe de ses compagnons d’échappée et notamment d’Ilnur Zakarin. L’ex 3ème du Giro et 5ème de la Vuelta 2017 faisait figure d’épouvantail dans l’échappée mais n’a pas su suivre le train imposé par Peters, avec qui il avait semé le reste de l’échappée.
Quant à Bardet, il a suivi les meilleurs quand tout le monde était dans le rouge dans Peyresourde et s’est même permis d’attaquer les meilleurs dans le dernier kilomètre pour reprendre 2 secondes à tous les favoris. A suivre…

Pinot plombé, Alaphilippe libéré ?

La journée française n’a pour autant pas été toute rose avec la défaillance physique impressionnante de Pinot. Cloué au sol par, semble-t-il, des problème de dos apparus suite à sa chute la semaine passée, l’ex meilleure chance française a lâché dès le Port de Balès et subit une 2ème terrible désillusion après l’abandon de l’an passé.
Alaphilippe a brusqement lâché dès les premières pentes de Peyresourde, un peu trop subitement… Il avait dit être là pour les étapes et sa défaillance pourrait être un moyen pour lui de pouvoir sortir du peloton sans être embêté par les autres favoris.

Alaphilippe à l’attaque dès aujourd’hui ?

En point ce matin à presque 12 minutes des meilleurs, Alaphilippe semble avoir un retard suffisant pour avoir un bon de sortie de la part du peloton dans cette belle étape pour baroudeurs. Nul doute que si le débours a été concédé hier à dessein et non pour un problème physique, Alaphilippe aura la pancarte pour le reste du Tour dès que la route deviendra sinueuse et pentue.

L’étape du jour sera difficile à « mascottiser », sauf si vous avez Alaphilippe dans votre équipe 😉

L’œuvre d’Aert

Cantonné au rôle de simple équipier de Roglic en début de Tour, Van Aert a démontré quel champion il est en profitant des quelques quartiers libres laissés par son leader pour remporter déjà deux étapes depuis le début du Tour. L’équipe Jumbo-Visma en est déjà 3 victoires en 7 étapes alors qu’on les attendait surtout en dernière semaine, ça promet…

Sagan l’étincelle

Sagan n’est plus le sprinteur qu’il a été. C’est pourquoi, s’il veut conquérir un 8ème maillot vert, il doit attaquer ses adversaires sur des terrains différents des terrains habituels. Le vent de côté et l’entame d’étape en côté ont convaincu son équipe Bora-Hansgrohe d’en profiter. Les équipiers de Sagan se sont mis en tête de peloton et ont fait exploser les sprinteurs dès la première côte. S’en sont suivies des dizaines de kilomètre de course-poursuite entre équipe de sprinteurs. Et un Sagan qui en profite pour reprendre le maillot.

Des bordures pour finir

La dernière partie d’étape était annoncée piégeuse avec le fort vent de côté. Elle l’a été et le rythme soutenu imprimé par l’équipe Ineos après Castres a provoqué des cassures isolant à l’arrière Pogacar, Porte ou encore Landa qui concèdent 1’21 sur les autres favoris. La sélection pour le maillot jaune commence déjà, avec une course à élimination.

Des Pyrénées light

En faisant la part belle aux massifs intermédiaires et aux Alpes, les Pyrénées 2020 sont réduits à la portion congrue. Pas de différence attendue entre favoris mais probablement de belles envolées de baroudeurs. L’étape d’aujourd’hui pourrait commencer fort, ne soyez pas en retard !
Corollaire, l’exercice de mascotte s’avérera compliqué mais pourrait faire la différence en cas de bonne pioche 🙂

Tous groupés

Il y a deux types d’arrivée au sommet : celles où chacun veut saisir sa chance, où tout le monde se regarde et celles où Wout Van Aert mène un train d’enfer en tête de peloton. C’est peu dire qu’il est plus simple de placer une attaque dans la première situation et c’est la seconde situation à laquelle nous avons assisté hier.

En vue de faire place nette pour Primoz Roglic et d’éviter les attaques intempestives, l’équipe Jumbo-Visma a confié à Wout Van Aert le soin de se muer en simple équipier pour visser et mettre le peloton à l’épreuve. Suivre était déjà un exploit et l’écrémage s’est effectué par l’arrière : Buchmann, Mas, Valverde, Martinez ou Carapaz sont ainsi passés par la fenêtre.

Et Martin failli rafler la mise!

Quand Van Aert s’est garé, Guillaume Martin a placé une belle attaque à quelques centaines de mètres de l’arrivée qui a fait lever les supporters français de leur canapé. Las, Roglic a ramené tout le monde et s’est adjugé l’étape. Son compatriote Pagacar permet à la Slovénie de faire le doublé et Martin complète le podium. Alaphilippe garde son maillot jaune pour une poignée de secondes et peut espérer le conserver encore 9 jours s’il arrive à suivre les meilleurs dans le final demain.

Arrivée au sprint en vue

Avec une étape tout en descente pour quitter les Alpes vers les bords du Rhône, la victoire d’étape sera dévolue à un sprinteur. Le vainqueur sera un costaud du fait de l’arrivée après un beau faux-plat!