Ramasse m’yates

Les spectateurs n’ont pas eu grande chose à se mettre sous la dent aujourd’hui. Avec une première étape pyrénéenne comportant 2 cols de première catégorie dans le dernier tiers de l’étape, nombreux étaient ceux qui auraient eu intérêt à attaquer. Les ex-favoris qui ne peuvent rien plus espérer au classement ou ceux, déjà distancés au classement, qui vont devoir utiliser toutes les occasions pour se replacer. Avant le contre-la-montre de vendredi, personne n’a eu les yeux plus gros que le ventre et tous les favoris sont restés au chaud dans le peloton.

Escamotage en règle

La bagarre n’a eu lieu qu’entre baroudeurs en début d’étape pour prendre la bonne échappée et dans les deux ascensions pour s’extirper du groupe de 48 (!) échappés. Pendant que les favoris escamotaient allégrement l’étape, Simon Yates remportait sa première victoire sur le Tour : cet objectif étant atteint, il pourra se consacrer à aider son frère dans sa quête d’un podium. Alaphilippe conserve toujours sa grosse minute d’avance sur Geraint Thomas et aura le loisir de défendre âprement son maillot durant le contre-la-montre.

Mascotte chez les rouleurs

Aux alentours de Pau, la seule étape de contre-la-montre individuel sera cruciale pour les favoris. Ces derniers donneront tout pour être en meilleure position avant d’attaquer le cœur de la partie montagneuse du Tour 2019. Durant ce contre-la-montre, les 15 premiers marqueront des points pour la mascotte : lâchez-vous sur vos leaders et rouleurs !

Caleb avant la tempête

Les sprinteurs n’allaient pas laisser passer la seule étape de la deuxième semaine durant laquelle ils pouvaient briller. Leurs équipes ont donc sans surprise contrôlé la course, laissant une avance minime au groupe de 4 échappés. Malgré la tentative d’attaque d’Aimé de Gendt pour s’isoler à l’avant, le peloton a réussi son coup en revenant à quelques kilomètres de l’arrivée.

Lancé par les Jumbo-Visma, le sprint a longtemps semblé être maîtrisé par Dylan Groenewegen. Mais Caleb Ewan, le petit sprinteur australien, a jailli à 100 mètres de l’arrivée pour coiffer Groenewegen sur le poteau. Il remporte ainsi sa première victoire sur le Tour. Dans un bel équilibre, aucun sprinteur n’a remporté plus d’une étape puisque les 6 étapes qui se sont conclues par un sprint ont été remportées par un sprinteur différent. Certains sont pourtant toujours à la recherche d’une victoire, comme Matthews et Colbrelli.

Et voilà les Pyrénées, changez de mascotte !

Les prochaines étapes sont très attendues et vont permettre aux favoris d’en découdre. L’étape du jour est plutôt hybride avec 130 kilomètres de plat pour commencer et 2 cols de 1ère catégorie pour terminer. Le début d’étape donnera lieu à une belle bataille entre baroudeurs pour prendre la bonne échappée. Les favoris attendront vraisemblablement la très pastorale Hourquette d’Ancizan dont le sommet se situe à 20 kms de l’arrivée. Baroudeurs ou favoris, vous avez l’embarras du choix pour placer votre mascotte !

L’article que j’aurais aimé écrire

L’étape de transition d’hier a rimé avec calme et récupération pour les leaders du Tour. Avant d’affronter les Pyrénées, nos deux têtes d’affiche Alaphilippe et Pinot ont eu le temps de profiter de leur popularité grandissante le long des routes sans se faire de souci.
Le peloton a en effet opté pour le pilote automatique, laissant dans un premier temps l’échappée matinale prendre une avance contrôlée avant de fondre sur elle dans un deuxième temps pour permettre aux sprinteurs de s’expliquer entre eux.
Arrivés à Albi, Pinot et consorts vont avoir le droit à un jour de repos bien mérité. Avoir encore deux français qui jouent le général après la première semaine après avoir illuminés la course, cela n’arrive pas tous les ans et nous profitons de cette chance.
Dans quelques jours, la route s’élèvera dans les Pyrénées, et en même temps leurs ambitions et nos espoirs, nous l’espérons.

Malheureusement, rien ne s’est passé ainsi.

La bordure tant redoutée est arrivée : avec un vent de 3/4 et une allure vive, le peloton a commencé à s’étirer en file indienne… jusqu’à ce qu’un coureur de la file ne cède quelques mètres sur celui qui le précède. Notre Thibaut, piégé dans le deuxième groupe, a alors vu la tête de course s’éloigner irrémédiablement. Restait alors à Thibaut de lutter contre les affres du vent et des regrets qui s’amoncelaient au-dessus de sa tête comme un nuage incongru dans le ciel d’une journée qui s’annonçait pourtant dégagée.
Le Tour qui s’annonçait si bien est à présent perdu pour Pinot. Le dossard 51 ne continuera pas à écrire sa légende en 2019.

Après Federer dimanche, Pinot lundi. Le sport fait décidément mal aux romantiques en ce mois de juillet et la parution tardive de ce papier n’est pas sans lien, vous l’aurez compris, avec ma tristesse tenace.

Impey-rial

Daryl Impey a parfaitement manœuvré hier pour prendre le dessus sur ses 14 compagnons d’échappée et signer sa première victoire d’étape sur le Tour à Brioude. Tout a commencé dès les premiers kilomètres de l’étape où les coureurs ont bataillé durant des kilomètres pour faire partie d’une échappée fleuve que le profil du parcours laissait augurer.

Les 15 coureurs ont rapidement vu le peloton leur laisser du mou (l’écart s’est stabilisé autour de 10 minutes) et il était écrit que la victoire se jouerait entre les 15 fuyards. Après un bonne collaboration, la bataille a eu lieu et, dans la côté de Saint-Just située à 13 kms de l’arrivée, Tiesj Benoot et Daryl Impey se sont extripés, prenant une avance d’une dizaine de secondes sur cinq de leurs anciens compagnons d’échappée. Impey, plus rapide que Benoot, a logiquement réglé le sprint

Rui Costa : un hommage ?

L’ex-champion du monde Rui Costa a, comme un hommage, magnifiquement illustré l’expression « en chasse-patate » en début d’étape. Le portugais a loupé la bonne échappée et a décidé de sortir à contre-temps du peloton pour rejoindre l’échappée qui avait déjà 2 minutes d’avance. Après de longs kilomètres de bagarre passés entre peloton et échappée, Rui Costa qui n’a pas pu se rapprocher à moins de 20 secondes des échappées, a laissé tomber et a attendu le peloton. Dur.

Mascotte : le retour des sprinteurs

La dernière étape avant la première journée de repos sera préemptée par les sprinteurs. Si le début d’étape sera vallonné et propice aux attaques, les équipes de sprinteurs mettront en route vers la fin pour donner lieu à une explication de leurs leaders sur le bitume d’Albi.

51, je t’aime !

Le Tour de France a son lot de mythes qui vont jusqu’à la superstition autour du numéro de dossard. Parmi les presque 200 dossards, un numéro a su créer sa légende à travers les âges.

Si le dossard n°1 est dévolu au vainqueur de l’édition précédente et que chaque leader d’équipe porte un dossard se terminant par « 1 », le dossard 51 est devenu avec le temps le dossard de tous les espoirs. Dossard apparemment anonyme, il a pendant les années 70 porté bonheur à ceux qui le portaient. C’est ainsi que Merckx (1969), Ocana (1973), Thévenet (1975) et Hinault (1978) ont remporté leur premier tour avec ce dossard sur le dos. La légende était né.

Et cette année, c’est Pinot !

Thibaut Pinot est arrivé remonté comme une pendule sur le Tour de France, qu’il retrouvait après une impasse en 2018 et quelques déconvenues lors des Tours précédents. Ragaillardi par un beau Tour d’Espagne 2018 (2 victoires d’étape) et une victoire au tour de Lombardie, le français a envie de mordre dans la course et de mettre son tempérament offensif au service de ses désirs de podium.

Après une belle montée de la planche des belles filles jeudi, Pinot a profité de la dernière difficulté répertoriée hier pour prendre la roue d’Alaphilippe quand celui-ci est sorti chercher les 6 secondes qui lui manquaient pour reprendre le maillot jaune. Et autant le dire, Pinot et Alaphilippe nous ont régalé. Avec un superbe esprit offensif, ils ont alors scellé une alliance de circonstance pour résister au groupe maillot jaune. Plein de panache, nos deux français ont obtenu ce qu’ils voulaient : le jaune pour Alaphilippe et du temps pour Pinot, qui est maintenant le mieux classé des favoris. Quand on sait qu’un podium se joue aujourd’hui à une poignée de secondes, aller chercher 28 secondes sur ce type d’étapes est une super coup. Un coup à entendre parler du mythe du dossard 51 pendant les quinze prochains jours…

Mascotte du jour

Encore une belle étape pour baroudeurs aujourd’hui. Si Thomas de Gendt a déjà été servi hier, d’autres auront envie de briller. L’arrivée aura lieu sur les terres de Bardet mais ne comptons pas sur le français qui semble diminué physiquement et touché moralement par son début de Tour.

Dylan grogne et gagne

A quoi reconnait-on une étape durant laquelle l’échappée n’ira pas au bout ? Au profil accidentée ou non de cette étape bien évidemment ou encore à la largeur des routes à l’approche de l’arrivée.

Eloge du panache et de la parcimonie

Des indices peuvent aussi vous mettre la puce à l’oreille : comme la présence de Yoann Offredo dans l’échappée par exemple. Le français a décidé de passer un tour à l’écart du peloton, se plaçant systématiquement dans l’échappée matinale pour se faire cueillir à quelques kilomètres de l’arrivée. Si seulement le peloton comportait plus d’Offredo, l’issue de certaines étapes serait moins incertaine et parfois plus palpitante. Pour le français, une petite dose de parcimonie dans le choix de ses étapes ne nuirait certainement pas à son efficacité !

L’étape d’hier s’est donc conclue par un sprint. A ce jeu, c’est Dylan Groenewegen, malheureux candidat au premier maillot jaune du Tour, qui s’est imposé. Le sprinteur néerlandais, un des plus rapides du peloton, peut enfin exulter de plaisir. Plaisir d’autant plus intense que la victoire s’est jouée à un (ou deux) boyau(x), Caleb Ewan venant échouer à quelques centimètres de Groenewegen. Avec cette victoire, on peut parler de razzia pour les Jumbo-Visma qui ont empoché 3 étapes sur les 7.

Mascotte : bon courage !

Pour ce week-end, il ne fera pas un temps à sortir une mascotte dehors ! Les deux superbes étapes à venir sont très incertaines. Vallonnées, accidentées, casse-pattes : qualifiez-les comme vous le souhaitez mais une chose est sûre, le scenario sera incertain. Des échappées au long cours pourraient se dessiner, des puncheurs pourraient vouloir attaquer à la fin, Alaphilippe pourrait tenter de reprendre son maillot. Tout est ouvert, faites vos jeux !

 

Another one bites the dust

Sur une étape qui a mis du temps à se décanter parmi les favoris, la sélection s’est faite par élimination et certains ont beaucoup perdu. Il a fallu attendre le tout dernier kilomètre et la partie non asphaltée et poussiéreuse, nous transportant dans un championnat de cyclo-cross, pour voir le groupe des favoris exploser.

Le groupe des leaders s’est éparpillé dans la route en gravier sous l’impulsion de Julian Alaphilippe qui tentait de sauver un maillot jaune en train de lui échapper au profit de Giulio Ciccone, parti dans l’échappée de début d’étape. Las, le français, malgré un beau numéro au nez à à la barbe des favoris, est venu mourir sur la ligne avec 1’31 de retard sur Ciccone perdant ainsi le maillot pour 6 petites secondes.

Les Plus

Au registre des satisfactions, Thomas a été très costaud, personne ne pouvant le suivre quand il est sorti à la poursuite d’Alaphilippe. Pinot, très attendu, a clairement répondu présent. Son équipe a durci la course à quelques kilomètres de l’arrivée et Pinot reprend au final du temps sur tout le monde excepté Thomas.

Les Perdants

Malgré une bagarre tardive, les écarts entre favoris ont été importants. Si Quintana, Buchmann, Fuglsang, Landa, Porte et Bernal n’ont perdu que 10 secondes sur Thomas, d’autres voient leur ambition en prendre un coup. Yates et D.Martin  limitent les dégâts à 15 secondes. Uran perd 20 secondes et Kruijswijk, que beaucoup voyaient prendre le maillot à la planche, 35 secondes. Nibali échoue à 50 secondes, devant Bardet, grand perdant du jour, qui affiche un débours de 1’10 sur Thomas. Pour le français, un autre type de Tour devrait commencer aujourd’hui.

Mascotte du jour

Les sprinteurs ont eu peu d’occasions de briller depuis le début du Tour. Ils ne laisseront pas passer leur chance aujourd’hui. Mascottisez-en un !