En balade dans les Vosges!

L’esprit des favoris devait déjà être tourné vers la planche des belles filles, premier champ de bataille de ce Tour 2019 qui aura lieu ce jeudi. L’étape d’aujourd’hui a du coup été presque escamotée.

Pas d’échappée au long cours mais une échappée vouée, comme depuis le début du Tour, à l’échec. L’enchaînement des côtes situées sur les contreforts des Vosges a seulement conduit à un écrémage (léger) des sprinteurs les moins à l’aise quand la route s’élève. Pas d’attaque d’Alaphilippe donc, qui par la même ne conforte pas son maillot jaune.

Avec un peloton à peine réduit à l’entrée de Colmar, Sagan apparaissait comme favori. Il ne s’est pas fait prié et remporte assez largement sa première étape du Tour, tout en solidifiant son maillot vert.

Les grandes manœuvres vont débuter !

L’étape de demain est bien l’étape reine des Vosges, avec tous les sommets les plus célèbres à escalader. Les affaires sérieuses débutent dès le kilomètre 20 avec le Grand ballon escaladé via le Markstein puis le ballon et enfin l’arrivée à la très raide planche des belles filles. S’il pourrait y avoir deux courses dans la course (étape et général), la montée finale sera forcément le théâtre d’attaques, de défaillances. Bref, de premiers enseignements. Comment ne pas en saliver ?

Mascotte vosgienne – épisode 2

Un baroudeur pourrait remporter l’étape mais à ce jeu, compliqué de trouver lequel. Si vous voulez miser en limitant le risque, jouez un favori du général.

Elia, il l’a!

Ce je n’sais quoi, que d’autres n’ont pas ! En l’occurrence aujourd’hui, ce je n’sais quoi qu’a Elia Viviani était une demi-roue. Une demi-roue d’avance sur Alexander Kristoff.  Cette demi-roue permet au sprinteur italien de décrocher sa première victoire sur le Tour de France et une deuxième étape consécutive pour l’équipe Deceuninck – Quick Step après celle d’Alaphilippe hier.

Dans une étape clairement promise aux sprinteurs, l’échappée matinale a logiquement été reprise et la sortie du peloton de Lilian Calméjane à 11 kms de l’arrivée n’a fait que retarder la certitude d’une arrivée au sprint. Bien amené par son équipe (même le maillot jaune Alaphilippe a mis la main à la pâte), l’italien a réglé le sprint devant Kristoff, Sagan et Ewan.

Mascotte vosgienne – épisode 1

La belle étape de demain offrira aux coureurs un magnifique terrain de jeu dans les Vosges et aux téléspectateurs de superbes vues de l’Alsace inondée de soleil. Les joueurs d’En Chasse-Patate auront eux de quoi se casser les dents sur le choix de leur mascotte… Entre baroudeur au long cours ou puncheurs, le coeur balancera forcément… Si le peloton ne lâche pas la bride à un groupe de coureurs costauds et tous terrains, les Alaphilippe, Sagan, Matthews et autres Schachmann auront de quoi batailler dans l’ascension des deux belles côtes (2ème et 3ème catégories) situées dans les 30 derniers kilomètres. Un favori qui attaque ? Dur à croire à la veille de l’arrivée à la planche des belles filles mais qui sait !

Alaphilippe y a (grand) cru !

Cette arrivée en Champagne nous montre que l’univers du cyclisme a ceci de merveilleux qu’il possède son propre langage, composé d’une foultitude d’expressions désuètes et imagées, résistantes aux évolutions d’un sport si différent de celui des premiers maillots jaunes. Ces vestiges linguistiques surannés trouvent pourtant toute leur pertinence à chaque étape. La victoire éclatante de Julian Alaphilippe à Epernay nous le prouve.

Alaphilippe « avait la pancarte » !

Ses adversaires ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas. Julian Alaphilippe, si brillant durant les classiques de printemps, était attendu au tournant aujourd’hui par ses adversaires : il avait une sacré pancarte dans le dos ce matin. Ce final pour puncheurs, avec pour point d’orgue la côte de Mutigny, véritable mur dressé au milieu du vignoble champenois, avait été coché par Alaphilippe, aussi bien pour la victoire d’étape que pour le maillot jaune (à 31 secondes du leader au départ de l’étape). Le français ne s’est pas démonté : à quelques centaines de mètres du sommet et à 15 kms de l’arrivée, il a placé une accélération admirable pour reprendre Wellens, le rescapé de l’échappée du jour, au sommet de la côte et a décidé de tenter sa chance en se lançant à corps perdu dans la descente.

S’en est alors suivi pour Alaph’ un contre-la-montre de 15 kms, individuel cette fois-ci, contre le peloton réduit des puncheurs et des favoris. Au bord du gouffre à 4 kms de l’arrivée, avec 20 maigres secondes d’avance qui étaient alors grignotées une à une, le meilleur coureur français a su résister. Il devient le premier maillot jaune français depuis 5 longues années et montre qu’il est grand, à la hauteur de espérance placées en lui : un grand cru qu’il faut savoir apprécier.

Quelle mascotte à Nancy ?

L’étape de demain est promise aux sprinteurs. L’arrivée dans la belle capitale des ducs de Lorraine par les grands axes laissera peu de chances aux échappées. Avec les deux prochaines étapes promises aux baroudeurs et aux favoris du général, les sprinteurs ne voudront pas laisser passer l’occasion. Pas de doute : « mascottisez » un sprinteur !

Atomic Jumbo

L’Atomium, lieu d’arrivée du contre-la-montre par équipe, a certainement dû inspirer l’équipe Jumbo-Visma du maillot jaune Mike Teunissen. Comme les sphères du monument bruxellois représentant le cristal de fer, les coureurs ne doivent faire qu’un durant l’effort collectif pour arriver à l’équilibre parfait. En livrant à la perfection un effort coordonné et presque chorégraphié, les coureurs de la formation néerlandaise ont remporté et même presque écrasé l’étape pour consolider le maillot jaune de leur leader de circonstance.

Des performances rapprochées et quelques perdants

L’équipe Ineos, favorite et première à s’élancer, a dû voir 20 équipes se casser les dents sur son temps avant que la dernière de la journée ne vienne la détrôner pour 20 secondes.

Les écarts entre favoris ont finalement été réduits, les équipes classées de la 2ème à la 12ème place se tenant en 30 secondes. Si Thibault et son équipe ont remarquablement manœuvré (12 petites secondes concédées sur Ineos), Quintana a perdu 45 secondes  et Romain Bardet et Richie Porte 1 minute sur la team Ineos.

La mascotte est de retour

Vu de loin, l’étape de lundi pourrait donner l’impression d’être taillée pour les sprinteurs. Il n’en est rien car les 25 derniers kilomètres offriront aux coureurs un enchaînement de raidillons (dont 3 cols de 3ème catégorie). Un puncheur aura sûrement le dernier mot dans un groupe réduit : Sagan, Alaphilippe, Van Avermaet, Matthews… Ils seront beaucoup à frapper au portillon pour la victoire.

Mike-neken pis

En arrivant à Bruxelles, tout le monde s’attend à voir un grand sprinteur sur le podium avec le maillot jaune.  Telle une petite statue que l’on découvre avec surprise au détour d’une ruelle bruxelloise, c’est Mike Teunissen, l’habituel équipier et poisson-pilote de Dylan Groenewegen, qui apparaît sur le podium du Tour.

Teunissen, qui préparait le sprint pour son leader, a su jouer sa carte à fond après une chute qui est intervenue à 1,5 km de l’arrivée en embarquant Groenewegen. Il a déboulé dans les derniers mètres pour devancer Peter Sagan d’un boyau, lui qui a déjà montré qu’il comptait bien récupérer « son » maillot vert.

Le début d’étape a pourtant été plutôt tranquille sur des routes flamandes et wallonnes envahies par les supporters. Greg Van Avermaet a franchi le Mur de Grammont en premier pour s’emparer du maillot à pois, l’échappée matinale a été reprise à 70 kms de l’arrivée et la tentative solitaire de Stéphane Rossetto n’a pu aboutir.

Ce sont les chutes qui sont venues perturber la fin d’étape. A vingt kilomètres de l’arrivée, une première chute a envoyé Jakob Fuglsang au tapis. Le Danois, prétendant à la victoire finale, a eu l’arcade sourcilière ouverte et a dû s’employer pour revenir : sans séquelles ? Enfin,

Pas de mascotte aujourd’hui !

Le contre-la-montre par équipe de dimanche, effort collectif intense et non moins très esthétique, devrait désigner un nouveau maillot jaune et créer les premiers écarts au général. Au-delà des écarts au général, pas de points distribués pour le maillot vert, le maillot à pois ou encore de désignation du combatif. Gardez-donc vos envies de mascotte pour la suite !

Parcours du Tour 2019 – 50 ans après

Le Tour est de ces institutions qui savent reconnaître ceux qui ont contribué à leur légende. Il y a 50 ans, le plus grand coureur de tous les temps s’apprêtait à débuter son règne sur le Tour de France. Eddy Merckx, le bien-nommé cannibale, a gagné son premier Tour en 1969 (ainsi que tous les maillots distinctifs!), entamant une série de 5 Tours de France, 34 étapes, 2 classements de la montagne, 3 classements par points. Le Tour rend hommage à l’un de ses rois en démarrant de Belgique, pour y passer 3 jours.

Le Tour nous mènera ensuite en Lorraine et en Alsace, avant d’obliquer cap au Sud-ouest, pour rejoindre les Pyrénées via l’Auvergne. La dernière semaine sera la plus montagneuse, traversant les Alpes du Sud au Nord.

Tentative de recensement des « highlights » en quelques mots :

  • Etape 2 : le contre-la-montre par équipe dans les rues de Bruxelles couronnera un maillot jaune et fera naître les premiers écarts
  • Etape 5 : une belle étape accidentée à travers les Vosges. Les baroudeurs l’ont cochée, vous devriez en faire autant en posant votre mercredi
  • Etape 6 : tous les plus beaux cols des Vosges y passent. Il y en aura pour tout le monde, du baroudeur au favori. Premiers frissons à prévoir dans la montée de la planche des belles filles avec une bagarre certaine entre les favoris
  • Etape 8 : les baroudeurs vont remettre le couvert dans les monts du lyonnais
  • Etape 13 : les spécialistes du contre-la-montre individuel devront saisir leur unique occasion de faire des écarts
  • Etape 14 : une arrivée au sommet du Tourmalet, est-il nécessaire d’en dire plus ?
  • Etape 15 : à nouveau une belle étape pour baroudeurs avec 3 cols de 1ère catégorie sur l’arrivée. Il pourrait y avoir 2 courses dans la course : celle pour la victoire d’étape et celle des favoris
  • Etape 18 : 3 passages au-dessus de 2000m d’altitude, la grande bagarre aura bien lieu sur une étape qui risque de durer 6 heures !
  • Etape 19 : Départ de la Maurienne, vallée chargée d’histoire tant par l’accès à ses cols mythiques que sa renommée industrielle, consacrée par la découverte de la fabrication de l’aluminium, et une belle arrivée à Tignes
  • Etape 20 : une étape courte, sans passage plat, avec une montée finale de 33 kms. Les favoris devront avoir gardé des forces !

Constitution équipe – focus sprinteurs et baroudeurs

Les sprinteurs

Les hommes forts du peloton auront comme chaque année de nombreuses occasions de s’affronter. Le parcours recèle aussi beaucoup d’étapes au finish accidenté, avec une issue plus incertaine. Plus ou moins à l’aise en fonction du type de terrain, une dizaine de sprinteurs se battra pour remporter une étape.

Peter Sagan : le sextuple maillot vert n’est certainement pas dans sa meilleure forme mais au vu de son expérience, des nombreuses étapes accidentées et de sa capacité à passer les bosses, il est le candidat numéro à sa propre succession
André Greipel : le gorille de Rostock est bien fatigué cette année et n’a toujours pas fait le bonheur d’Arkea-Samsic. Il a néanmoins toujours été présent sur le Tour où il compte 11 victoires
Christophe Laporte : après une belle année 2018 sur le Tour (une 2ème place et trois 5ème places), son équipe misera à nouveau sur lui
Elia Viviani : l’italien est parmi les plus rapides du peloton, avec une superbe année 2018 à son actif (5 victoires sur le Giro et 3 sur la Vuelta)
Mark Cavendish : terreur du peloton durant des années, l’homme aux 30 victoires d’étapes devra se surpasser pour renouer avec le succès qui le fuit depuis 2016 sur le Tour
Dylan Groenewegen : 2 victoires l’an passé, un des sprinteurs les plus rapides du peloton
Caleb Ewan : 2 victoires au dernier Giro, très à l’aise dans les arrivées au relief difficile
Michael Matthews : son équipe devait miser sur Dumoulin mais le forfait de ce dernier réorientera les objectifs de la Team Sunweb vers le sprinteur
Alexander Kristoff : en l’absence de Fernando Gaviria, l’expérimenté norvégien sera l’arme numéro de la team UAE et fera valoir sa victoire sur les Champs l’an passé
Sonny Colbrelli : beaucoup de places d’honneur l’an passé (2 fois 2ème sur le Tour), moins en vue cette année

Les baroudeurs

L’organisation du Tour, sous l’impulsion de son directeur Christian Prudhomme, se fixe une mission depuis quelques années : ne pas proposer deux étapes de suite qui se ressemblent. Cela se traduit par le tracé d’étapes au profil original, accidenté ou piégeux. Ce millésime 2019 comprend ainsi une multitude de journées où les baroudeurs pourront s’en donner à cœur joie. Certains « usual suspects » auront évidemment coché ces étapes.

Warren Barguil : après un début de saison galère, « Wawa » est sorti de l’ornière en s’adjugeant le titre de champion de France samedi dernier. Il voudra faire briller son maillot bleu-blanc-rouge
Greg Van Avermaet : le médaillé d’or aux JO de Rio vieillit mais aura carte blanche de son équipe pour enflammer la course
Julian Alaphilippe : auteur d’un début de saison incroyable (victoire à la Flèche Wallone, Milan-San Remo et les Strade Bianche) le numéro 1 mondial sera à n’en pas douter un des grands animateurs de la course
Michael Woods : une superbe 2ème place sur Liège- Bastonne-Liège en 2018 et quelques belles places d’honneur sur les étapes du Tour de Romandie et du Dauphiné
Alberto Bettiol : auteur d’une belle saison avec une victoire au Tour des Flandres et une 3ème place aux championnats d’Italie
Tiesj Benoot, Tim Wellens, Thomas de Gendt : l’équipe Lotto regorge de talents et aura de multiples options pour enflammer la course
Simon Yates : sur le Tour a priori pour épauler son frère Adam. S’octroiera-t-il des bons de sortie pour chercher des victoires d’étape ou le maillot à pois ?
Niki Terpstra : gros coup du mercato, le spécialiste des classiques, ex-vainqueur de Paris-Roubaix, sera à l’offensive pour son premier Tour
Lilian Calmejane : auteur d’une magnifique épopée en 2017 avec au bout une victoire de à la station des Rousses, le bouillonnant français voudra remettre ça cette année

Bonne sélection,

L’équipe En Chasse-Patate